Donald Mac Donald de Glencoe

Je suis le parrain de la petite Enora. A sa naissance son père m’a fait promettre de toujours veiller sur elle si par malheur il lui arrivait quelque chose. Cinq ans plus tard les parents de la petite disparaissaient dans un accident, je ne peux m’empêcher de penser que Guillaume savait au fond de lui que j’aurais un rôle de tuteur à jouer auprès de sa fille. Il y avait une telle urgence dans sa voix lorsqu’il m’a supplié de veiller sur elle le jour de sa naissance. Comment aurais-je pu refuser ? Guillaume était mon ami, nous avions vécu tant de choses ensemble…

Vingt ans ont passé depuis ce terrible jour mais je ne peux oublier les images de leur assassinat. Enora n’était qu’une enfant, elle était là et a assisté aux meurtres de ses parents. Elle ne m’en a jamais parlé mais je sais qu’elle revoit les images parfois. Pour elle je n’ose pas rouvrir cette vieille blessure et je voudrais laisser le passé où il est mais pourtant il le faut. Le meurtrier doit payer avant qu’il ne retrouve la petite et ne s’en prenne à elle. Je sais depuis le début que les meurtriers voulaient aussi éliminer l’enfant. Ils ont essayé plusieurs fois par la suite de la tuer mais jusqu’à présent je suis toujours arrivé à la protéger et à faire échouer toutes leurs tentatives sans qu’Enora se doute de quoi que ce soit. Heureusement, je ne suis pas seul à veiller sur elle….

A vrai dire, une armée ne suffirait pas à la protéger lorsqu’elle a décidé de passer outre mes recommandations de prudence ! Elle peut-être particulièrement impossible quand elle s’y met… Elle me fait penser à ma sœur parfois…aussi têtue, insolente et ensorceleuse qu’elle !
Etrange destin que le notre. J’ai recueilli la fille de mon ami et conformément à ses vœux, je l’élève dans le manoir de Guillaume où je me suis installé avec Anna, ma femme, et mes fils, Iain et Dougal. Ce sont de bons garçons qui se sont pris d’affection pour la petite et veillent sur elle comme ils le feraient si elle était leur sœur. Anna a des relations un peu plus compliquées avec Enora. Il faut dire que la petite a un caractère un peu vif et qu’elle ne supporte ni l’injustice ni les conventions. Leurs relations sont toujours très conflictuelles et il m’est difficile de penser qu’Anna puisse concevoir pour Enora des sentiments hostiles. Cela fait des années qu’elles ont pris le parti de s’ignorer mais de temps à autre je ne peux empêcher qu’elles s’affrontent et le plus souvent pour des broutilles. Je ne sais pas ce qui s’est passé entre elles. L’une comme l’autre gardent le silence sur la raison de leur inimitié mais je finirai bien par le savoir un jour. Anna ne se rend pas compte à quel point cette situation peut nuire à la sécurité de la petite. Elle est le maillon faible et c’est par elle que la prochaine attaque viendra, j’en suis certain. Il est temps que nous partions.

Enora veut connaître ses origines mais à travers ses questions je sens qu’elle cherche à comprendre pourquoi ses parents ont été assassinés. Je ne peux pas l’empêcher de partir à la recherche de réponses, je peux juste la guider et l’amener à aller là où je veux qu’elle aille...

Elle m’en voudra certainement énormément lorsqu’elle découvrira qui elle est et quel est mon rôle auprès d’elle depuis toutes ces années mais je sais aussi que sa rancœur ne dura pas et qu’elle acceptera la vérité comme une évidence. Elle sait déjà au fond d’elle qui elle est, il faut juste qu’elle apprenne à écouter la Voix…